Erving Goffman

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Issu d’une famille juive d’origine ukrainienne ayant rejoint le Canada à la fin du XIX° siècle, Erving Goffman est né le 11 juillet 1922 à Mannville dans la province d’Alberta. Il entreprendra des études de sociologie à l’université de Toronto (1944) où il sera l’élève de Ray Birdwhistell, puis à l’université de Chicago (1945) où il sera l’élève de Helbert Blumeret Everett Huges. En 1952, dans la lignée des enquêtes participatives inaugurée par B. Malinowski, il part pour les iles Shetland, au nord de l’Écosse, observer la vie locale pendant douze mois. Il se fait passer pour un étudiant intéressé par l’économie agricole : en réalité, il collecte des données pour sa thèse de doctorat qu’il soutient en 1953

Déménageant en 1954 pour Washigton, accompagné de son épouse Angelica Choate et son fils Tom, Goffman décide d’aller vivre plusieurs mois parmi dessalages mentaux, au sein de l’hôpital psychiatrique de Sainte-Elisabeth à Washington, comptant plus de sept mille lits, afin d’observer la vie des reclus. Enseignant à l’université de Californie de Berkeley depuis 1958, il est nommé professeur en 1962. Entre temps, il a publié Asiles, sur la base des observations des comportements du personnel et des patients de l’hôpital psychiatrique de Sainte-Élisabeth, introduisant la notion d’institution totale. Cet ouvrage influencera très fortement le courant de l’anti-psychiatrie naissante. En 1963, il publiera Stigmate. Grâce, sans doute, à la fortune de son épouse, Goffman mène alors grand train (magnifique villa, voiture de sport, casinos…) Son épouse Angelica sombre dans la dépression et se suicide en 1964.

Les analyses goffmaniennes se centrent moins sur l’action individuelle que sur l’interaction, usant de métaphores didactiques. Avec La Mise en scène de la vie quotidienne I. La Présentation de soi, il développe la métaphore théâtrale, considérant les personnes en interaction comme des acteurs menant une représentation. Il distinguera ainsi la “scène” des actions individuelles de leurs “coulisses”. Dans Les Rites d’interaction il parle de métaphore du rituel pour rendre compte des rencontres “face à face”. Les stratégies inter-individuelles afin de ne pas “perdre la face” deviendront un thème majeur de son œuvre.

Après un séjour à Harvard, au Center for International Affairs durant lequel il s’intéresse, en compagnie de Thomas schelling, à la “théorie des jeux”, il occupera une chaire à l’université de Pennsylvanie où il retrouve Ray Birdwhistell de 1968 à 1982.

En 1974, il publie Les Cadres de l’expérience, ouvrage que certains critiques, cherchant à identifier une incohérence dans l’évolution de son œuvre, qualifieront de “structuraliste”. S’inspirant de la métaphore cinématographique, le cours de l’existence est, selon lui, composé de multiples “constructions de la réalité”, par différents “cadrages” (“frames”) s’articulant les uns aux autres. Il propose une typologie selon laquelle des “cadres primaires”(“naturels” ou “sociaux”), orientant nos perceptions ainsi que nos comportements, pourraient être “transformés” (“modalisation” ou “fabrication”).

En 1981, il se remarie avec Gillian Sankoff, avec laquelle il a une fille, Alice. Il décèdera d’un cancer de l’estomac peu après le 19 novembre 1982 à l’âge de 60 ans.

 

Bibliographie (extrait) :

* Asiles. Études sur la condition sociale des malades mentaux (Minuit, 1968).

* La Mise en scène de la vie quotidienne I. La Présentation de soi ; II. Les Relations en public (Minuit, 2 vol., 1973).

* Les Rites d’interaction (Minuit, 1974).

* Stigmate. Les usages sociaux des handicaps (Minuit, 1975).

* Façons de parler (Minuit, 1987).

* Les Moments et leurs hommes (Le Seuil, 1988).

* Les Cadres de l’expérience (Minuit, 1991).

* L’Arrangement des sexes (La Dispute, 2002).

 

By Costanza Candeloro

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